Programme de formation IMPaCT – Wallace Wee : Ce qui compte vraiment dans la recherche pédiatrique

Les avancées dans la recherche sur les maladies rares résultent rarement d'une seule percée ; elles sont le fruit de la persévérance, de la curiosité et d'un engagement à mieux comprendre et évaluer ce que vivent les patients au quotidien. 

Dans le cadre du programme de formation IMPaCT, de jeunes chercheurs contribuent à faire avancer ces travaux, en apportant un regard neuf et une expertise interdisciplinaire pour relever certains des défis les plus complexes du domaine.

Dans cette interview, Wallace Wee revient sur son parcours, de l'ingénierie à la médecine puis à l'épidémiologie clinique, et explique comment ce parcours atypique a façonné son approche de la recherche en pneumologie pédiatrique. Ses travaux visent à mettre au point des outils plus précis pour surveiller les maladies pulmonaires chez les enfants, en particulier dans le cas de pathologies rares où une meilleure évaluation pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements et améliorer les soins. Des techniques d'imagerie de pointe aux collaborations nationales, Wallace Wee revient sur les questions qui animent ses recherches, les lacunes qu'il s'efforce de combler et ce que représente un impact significatif pour les patients et leurs familles.

IMPaCT est une plateforme de formation aux essais cliniques visant à renforcer les capacités en matière d'essais cliniques dans les domaines de la santé périnatale et infantile au Canada.

RareKids-CAN a parrainé Busisiwe Zapparoli et Wallace Wee (à gauche) en tant que jeunes chercheurs, leur apportant les compétences, la formation et le réseau nécessaires pour concevoir des essais cliniques plus solides et accélérer l'amélioration des soins prodigués aux enfants atteints de maladies rares. 

Emma Tarswell : Parlez-moi un peu de votre parcours dans la recherche ; qu'est-ce qui vous a attiré vers ce domaine au départ ?

Wallace Wee : Très tôt, j'ai ressenti le besoin de comprendre non seulement ce que nous faisons en médecine, mais aussi pourquoi nous le faisons et comment nous pouvons l'améliorer. Cette curiosité m'a accompagné tout au long de ma formation et m'a finalement conduit à la recherche.

J'ai eu la grande chance de travailler avec des mentors et des parrains exceptionnels tout au long de mon parcours, qui m'ont aidé à façonner ma façon de penser, à développer ma capacité à poser des questions pertinentes et à aborder les problèmes.

Au fil du temps, j'ai pris conscience que c'est précisément à la croisée de mes différentes formations universitaires – de l'ingénierie à la pneumologie pédiatrique en passant par l'épidémiologie clinique – que je peux apporter ma plus grande contribution. En effet, cela m'offre de multiples façons d'aborder les problèmes cliniques, dans le but d'améliorer la manière dont nous évaluons, comprenons et prenons en charge les enfants atteints de maladies respiratoires.

« J'ai eu la chance de pouvoir compter sur des mentors et des parrains exceptionnels tout au long de mon parcours… »

ET : Comment expliqueriez-vous vos recherches actuelles à quelqu'un qui n'est pas du milieu scientifique — par exemple, à un parent ou à un patient ?

WW : Mes recherches visent à améliorer la surveillance des maladies pulmonaires chez les enfants, en particulier chez ceux atteints d’une maladie rare appelée dyskinésie ciliaire primitive, ou DCP. Dans le cas de la DCP, les cils (structures ressemblant à des poils) présents dans l’organisme ne fonctionnent pas correctement, ce qui entraîne des lésions pulmonaires progressives. Malheureusement, les outils traditionnels que nous utilisons pour évaluer les poumons ne sont pas assez sensibles pour détecter les changements précoces. Je travaille sur de nouveaux types d’IRM qui nous permettent d’évaluer le fonctionnement global des poumons et de localiser précisément l’origine des problèmes.

Par ailleurs, je participe également à des essais cliniques et à la mise en place de registres de patients. Ensemble, ces approches nous aident à comprendre l'évolution de l'état de santé des patients au fil du temps, ainsi que l'efficacité des traitements dans la pratique quotidienne, chez différentes populations de patients.

ET : Quel problème essayez-vous de résoudre, et pourquoi est-ce important aujourd'hui ?

WW : L'un des principaux défis liés à de nombreuses maladies pulmonaires pédiatriques, en particulier les maladies rares, réside dans le fait que nos outils actuels de mesure de la fonction pulmonaire ne sont pas assez sensibles. Ils peuvent donner une image incomplète de l'état de santé d'un patient et rendre plus difficile la mise en place de traitements supplémentaires.

Cela freine également l'innovation, car nous ne sommes pas en mesure d'évaluer avec précision si un nouveau traitement potentiel est efficace. Dans le cas de la PCD, où les modifications pulmonaires peuvent être subtiles, ce manque de précision rend très difficile pour l'industrie de justifier le financement de nouveaux essais thérapeutiques.

Mes recherches visent à combler cette lacune. En associant des techniques d'imagerie de pointe à des registres cliniques et à des essais cliniques, je travaille à la mise au point de nouvelles méthodes de mesure de la fonction pulmonaire qui soient scientifiquement rigoureuses et cliniquement pertinentes. À terme, j'envisage que ces outils viennent soutenir les essais thérapeutiques et la prise en charge des patients.

ET : Que représente pour vous, tant sur le plan personnel que professionnel, le fait d'avoir été sélectionné comme stagiaire IMPaCT-RareKids-CAN ?

WW : Être nommé stagiaire IMPaCT-RareKids-CAN est un grand honneur. 

Sur le plan personnel, cela reflète le mentorat et le soutien dont j’ai eu la chance de bénéficier tout au long de ma formation. Cela renforce également mon engagement à travailler dans le domaine des maladies pulmonaires pédiatriques rares, où il existe une réelle opportunité de faire la différence pour les patients et leurs familles.

« Être sélectionné comme stagiaire IMPaCT-RareKids-CAN est un immense honneur. »

Sur le plan professionnel, cela m'offre une plateforme pour approfondir mon programme de recherche au sein d'un réseau national collaboratif. Et la possibilité d'échanger avec des cliniciens, des chercheurs, des patients partenaires et des stagiaires issus de différentes disciplines est extrêmement précieuse.

ET : En quoi cette expérience va-t-elle influencer votre approche de la recherche ?

WW : Je pense que cette expérience va influencer mon approche de la recherche à plusieurs égards importants.

Tout d'abord, cela m'aidera à affiner la manière dont je conçois mes projets de recherche afin qu'ils soient à la fois rigoureux sur le plan méthodologique, concrets et pertinents sur le plan clinique. Faire partie de ce réseau national me permettra d'apprendre, auprès de collègues travaillant dans différents contextes et auprès de différentes populations, comment élaborer des questions de recherche et concevoir des études.

« Cette expérience m'aidera à mettre en place un réseau de collaboration et à développer un programme de recherche réfléchi et axé sur l'impact. »

D'autre part, cela me permettra de mieux adapter mon travail aux besoins des patients. En collaborant avec des patients partenaires, des cliniciens et des chercheurs, et en tirant les enseignements de leurs expériences, je serai mieux à même de donner la priorité aux questions pertinentes et de traduire les résultats obtenus en améliorations concrètes des soins.

Dans l'ensemble, cette expérience m'aidera à mettre en place un réseau de collaboration et à élaborer un programme de recherche réfléchi et axé sur l'impact.

ET : À quoi ressemble pour vous l’« impact » dans le cadre de vos recherches ?

WW : Pour moi, l'impact signifie que notre travail se traduit par des améliorations mesurables dans la manière dont nous comprenons, évaluons et prenons en charge les patients.

Dans le cadre de mes recherches, cela commence par l'amélioration de l'évaluation des maladies pulmonaires grâce à la mise au point de nouveaux outils sensibles, fiables et cliniquement pertinents. À terme, ces avancées permettront de mener davantage d'essais cliniques et favoriseront le développement de nouveaux traitements, en particulier pour les maladies rares. À long terme, elles contribueront à la mise au point de traitements plus efficaces et de soins personnalisés pour les patients.


Wallace Wee bénéficie du soutien de RareKids-CAN en tant que stagiaire dans le cadre du programme de formation IMPACT.

Cet article fait partie d'une série consacrée aux stagiaires du programme de formation IMPaCT. Lisez le profil de Busisiwe Zapparoli.

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